vendredi 29 décembre 2006

HALFORD - Resurrection (2000)

Ils ne sont pas légion les albums qui s’ouvrent sur une baffe de cet ampleur. "Enter Sandman" sur l’album éponyme de Metallica, "Mouth for War" sur le Vulgar display of power de Pantera, le fameux "Davidian" de Machine Head peut être…Après s’être laissé aller à une série d’expériences hors des sentiers battus au cours des années 90 (Fight et 2wo), Rob Halford revenait par la voie royale à ce qu’il savait faire de mieux. Ce bien nommé Resurrection reste bien entendu du heavy metal pur porc à la mode d’antan, avec un véritable dégueulis de soli emphatiques et un chant hurlé à en pulvériser les bibelots un peu déplaisants offerts par la belle-mère. Mais au tournant du nouveau millénaire, il enfonçait impitoyablement tout ce que Judas Priest avait pu réaliser au cours de sa carrière (exception faite de Painkiller). Et ne parlons même pas de ce qu’ils ont commis depuis lors. Et encore cette tornade n’est-elle que le morceau d’ouverture d’un album parfait d’un bout à l’autre. Elle est pas belle la vie ?

dimanche 24 décembre 2006

SAXON - Crusader (1984)

Aaaah Saxon…sans doute le plus humainement sympathique des vieux porte-étendards de la New Wave Of British Heavy Metal. Sans doute parce que le quintet de Barnsley (Yorkshire) n’a jamais récolté le succès mondial d’un Iron Maiden ou d’un Def Leppard et a toujours su conserver un très grande proximité avec sa fan-base. Aujourd’hui moins que jamais, leur côté très académique, qui respecte à la lettre les convenances thématiques et musicales du heavy classique, ne risque pas de leur gagner les faveurs d’un nouveau public. Mais sur cet excellent Crusader de 1984, les nostalgiques redécouvriront avec émotion tout ce que ce courant offre de meilleur : maîtrise parfaite des instruments, chant plein d’emphase mais sans excès et ambiance héroïque. Un régal pour les amateurs de metal vintage !

samedi 23 décembre 2006

MY BLOODY VALENTINE - Only shallow (1991)



Loveless est à l’image de son étrange pochette : définitivement cotoneux, flou, incertain. La guitare de Kevin Shields domine la tempête, s’écrasant sur les plages en une succession de vagues nonchalantes et engloutissant sous la houle batterie, basse et chant rêveur de Belinda Butcher, tous trois mixés incroyablement bas. Naufragé au milieu du chaos, on s’y repère comme on peut, par la tonalité des ondes et par l’émotion dominate qu’elles diffusent plus que par une quelconque reconnaissance de architecture musicale car, passé cet Only Shallow plutôt énergique, Loveless s’émiette en une sorte d’insaisissable kaléidoscope, un ressac brumeux dont les composantes s’apparentent plus à de la peinture automatique qu’à une chanson prise dans sa significations traditionnelle. En dépit de critiques dythirambiques (Brian Eno alla même jusqu’à parler d’un "nouveau standart pour la musique pop" et l’album reste fréquemment considéré comme l’un des cinq albums les plus essentiels des années 90), Loveless ne récolta pas le succès escompté mais manqua néanmoins de peu de mettre Creation Records sur la paille, en raison de ses coûts de production particulièrement élevés. Un chef d’œuvre quoi qu’il en soit, mais qui réclame un certain état d’esprit pour être pleinement apprécié.

jeudi 21 décembre 2006

SYSTEM OF A DOWN - Prison song (2001)


De ce Toxicity qui témoigne de l’explosion commerciale et médiatique de System Of A Down, on peut retenir un certain nombre de moments forts. Mais aucun ne concurrence Prison Song sur le plan de l’énergie pure. Comme d’habitude, la volonté d’engagement politique de System Of A Down (cette fois à l’encontre de la culture drogue des ghettos et du système carcéral américain), confuse et lacunaire, interpelle moins que la capacité des quatre américano-arméniens à concentrer une telle dose de folie furieuse dans un format aussi bateau en apparence. On repère malheureusement la tendance future de Daron Malakian a venir poser sa vilaine voix de crécelle au beau milieu des vocalises audacieuses de Serj Tankian. Heureusement, question riffs de boucher, rythmique de frappadingue et chant larger than life, Prison Song frise l’overdose !

MANOWAR - Warriors of the world (2002)


On a souvent coutume de dire que Manowar symbolise l’inaccessible étoile du mauvais goût et du ridicule en matière de metal. Vu leur dégaine de guerriers cimériens de kermesse, le constat n’est pas totalement injustifié. Mais ce serait oublier que Manowar se révèle de loin en loin un formidable pourvoyeur d’hymnes de stade pour camionneurs en mal d’amour. Titre phare de l’album du même nom, ce Warriors of the World, avec son refrain fédérateur, sa lourdeur épique, voire même son pont sentimental cliché et jouée à la harpe, en est un exemple tout à fait parlant.

Avant-propos

Suivant l'exemple de notre amie Claire Chanel, j'ai fini par mettre un pied dans le XXIe siècle. Un blog en forme de "track of the day", ça au moins le mérite d'être neutre. Pas de débats cosmiques sur la scène belge, pas de refuge digne d'intérêt pour les trolls sans domicile fixe de la toile. Juste de la musique, des morceaux qui ont marqué, écoeuré ou juste des trucs qu'on écoute pour l'instant, là, tout de suite, en buvant un whiskey et en grillant une clope. Des idées pour découvrir un groupe ou un album également

Ceux qui suivent pop-rock.com savent d'instinct que ce qui sera souvent présenté ici s'apparente à ce qu'il est convenu d'appeler, dans un certain milieu branchouille, des "gouts de chiottes". Du metal daté, des trucs pleins de soli et de thématiques de nerd, des musiciens péroxydés aux contours indéfinis...mais pas uniquement.