samedi 23 décembre 2006

MY BLOODY VALENTINE - Only shallow (1991)



Loveless est à l’image de son étrange pochette : définitivement cotoneux, flou, incertain. La guitare de Kevin Shields domine la tempête, s’écrasant sur les plages en une succession de vagues nonchalantes et engloutissant sous la houle batterie, basse et chant rêveur de Belinda Butcher, tous trois mixés incroyablement bas. Naufragé au milieu du chaos, on s’y repère comme on peut, par la tonalité des ondes et par l’émotion dominate qu’elles diffusent plus que par une quelconque reconnaissance de architecture musicale car, passé cet Only Shallow plutôt énergique, Loveless s’émiette en une sorte d’insaisissable kaléidoscope, un ressac brumeux dont les composantes s’apparentent plus à de la peinture automatique qu’à une chanson prise dans sa significations traditionnelle. En dépit de critiques dythirambiques (Brian Eno alla même jusqu’à parler d’un "nouveau standart pour la musique pop" et l’album reste fréquemment considéré comme l’un des cinq albums les plus essentiels des années 90), Loveless ne récolta pas le succès escompté mais manqua néanmoins de peu de mettre Creation Records sur la paille, en raison de ses coûts de production particulièrement élevés. Un chef d’œuvre quoi qu’il en soit, mais qui réclame un certain état d’esprit pour être pleinement apprécié.

1 commentaire:

Claire Chanel a dit…

Entièrement d'accord, c'est une très très grande chanson.