
On reste encore un peu dans le domaine de la mythologie grecque avec ce morceau-fleuve tiré de A night at the opera, album qui étincelle au firmament de la discographie du Gardien Aveugle. Quinze minutes d’orfèvrefrie flamboyante et d’une complexité que n’aurait pas renié les grands compositeurs des siècles passé, décrivent les visions mystiques reçues par Cassandre en prélude à l’Illiade. Cet opera-metal symbolise aussi jusqu’à l’absurde l’ambition démesurée qui est celle du groupe allemand. En effet, les multiples ramifications de cette pièce monumentale atteignent un tel degré de perfectionnisme qu’enne en devient difficile à appréhender sans s’y vouer corps et âme, avec un degré d’attention absolu. La plus grande force de Blind Guardian, plus palpable que jamais sur cette pièce d’exception, reste son incroyable à talent à doter ses compositions d’un souffle, d’une grandeur et d’un esprit chevaleresque que Rhapsody ou d’autres ne parviendront jamais à atteindre. Et tout cela sans orchestre symphonique en coulisses, sans références trop visibles aux poncifs de l’Heroic-Fantasy, et avec les quatres membres du groupe comme uniques choristes. Il est cependant vrai qu’il est ardu - pour ne pas dire impossible – d’avoir une vision d’ensemble de ce chef d’oeuvre. On se perd dans ses multiples méandres, ses escapades infinies loin de la mélodie conductrice, et on finit en désespoir de cause par stopper toute intellectualisation pour se laisser simplement bercer par les visions pythiques décochées par ce groupe de troubadours mordernes. Sans doute est-ce la raison pour laquelle A Night at the opera a suscité autant d’émerveillement que de décrochages purs et simples ! En attendant, il reste le témoignage vivace d’un groupe parvenu au bout de ses ambitions et qui ne pouvait dès lors que les revoir à la baisse. ..
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